Liberté en ligne : une réalité pour les filles au Bénin ?

Parmi les droits de l’homme, la liberté d’expression et de l’information est celui qui est au cœur de la société de l’information. L’article 19, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) stipule que : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. ». Ceci étant ce droit à la libre opinion n’est pas respecter de tous, surtout à l’endroit des filles et des jeunes femmes. Les filles et les jeunes femmes ont depuis toujours été victimes de diverses formes de harcèlement. Aujourd’hui, les réseaux sociaux étant un outil d’apprentissage, de découverte et surtout d’échange ; s’ajoutent aux moyens de harcèlement et d’intimidation des filles.

Le saviez-vous ?

Plan International a mené une étude intitulée : ‘’ la situation des filles dans le monde 2020’’ dans 22 pays dont le Bénin dans la période du 1er avril au 5 mai 2020. Selon les statistiques du rapport de cette étude présentée le 5 Octobre dernier par Plan International Bénin, sur plus de 14000 filles et jeunes femmes interrogées sur leurs expériences d’utilisation des réseaux sociaux, 58% d’entre elles ont subi des actes de harcèlement en ligne. 24% de ces filles se sentent en danger physiquement, perdent l’estime ou la confiance en soi. Elles sont stressées mentalement ou émotionnellement… «La plateforme sur laquelle la plupart d’entre elles ont subi ces actes de harcèlement était Facebook (39%) et Instagram (23%). Le harcèlement en ligne chez les filles commence dès l’âge de 8 ans et la majorité des filles qui se sont fait harceler la première fois avaient entre 14 et 18 ans », a fait savoir Madjidath Ouro-Djeri, bloggeuse et jeune influenceuse sur la campagne « Aux filles l’égalité ». Elle expliqua également que « Les actes de harcèlement en ligne se présentent sous diverses formes, notamment en rabaissant une personne pour ses opinions, en proférant des menaces de violences ou en inondant un compte d’images pornographiques».

Au Benin, les filles sont-elles libre d’être en ligne ?

À la question de savoir si les filles sont libre d’être en ligne au Bénin lors d’un Facebook live chat organisé par Plan International Benin à l’occasion de la JIFi 2020, plusieurs jeunes se sont prononcés sur la question.

Pour Abérique Adjinakpo « Au Bénin les filles ne sont pas libre en ligne…quand on rencontre une fille en ligne et lui fait des avances et elle refuse on insiste, parfois l’intimider avec notre force d’homme… Stp juste une chance? Qu’elle est la chose qu’on a jamais vu? Et elle accepte on commence a lui demander des photos sexy(nu) et a cela s’ensuit des critique qu’elle reçoit lors des commentaires par rapport a un sujet ».
Nice Roland Nice abonde dans le même sens en affirmant « Oui les filles sont libre en ligne au Bénin . Juste qu’il ne manque jamais de grincheux ou des cas de violences basées sur des préjugés sexistes et stéréotypes. Sinon d’autres sont verbalement agressés dans les messageries privées. Il y a d’autres qui sont insultés pour leurs styles d’habillement…».
Bienvenue Djegbe quant à lui pense qu’«il y’a des milieux surtout ruraux où possédé un portable et de surcroît un Android est réservé aux adultes. Du coup, une fille libre d’être en ligne est considérée comme ayant une liberté exagérée. Il y a aussi les préjugés selon lesquels une fille souvent connectée est une prostitueuse, on se dit que certainement elle cause avec ses partenaires sexuels, ou bien elle visualise des films érotiques ».
Le harcèlement ou les violences en ligne présentent de lourdes conséquences sur la fille et la femme. Elle peut donner à la personne l’impression de subir des attaques sans répit, même lorsque elle est chez elle. Elle n’arrive pas à trouver le moyen d’y échapper. Cela peut avoir des effets sur elle à long terme comme le sentiment de contrariété, d’embarras, de naïveté, voire de colère; la honte ou perte d’intérêt pour ses activités préférées; fatigue (troubles du sommeil) ou symptômes comme les maux de ventre et de tête. Être la cible de moqueries ou d’actes de harcèlement peut empêcher certaines personnes d’en parler ou de chercher une solution au problème. Dans des cas extrêmes, l’intimidation en ligne peut même pousser au suicide.

Pour réduire les effets de harcèlement ou violence en ligne, il est d’une utilité capitale de :
• Sensibiliser les filles et les jeunes femmes sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux ;
• Créer des plateformes digitalisées contre discrimination et violences en ligne permettant aux filles et garçons d’échanger et d’interagir ;
• Sensibiliser les filles sur le code numérique au Bénin;
• Dénoncer et sanctionner avec la dernière rigueurs les auteurs du harcèlement en ligne ;
• Mettre en place des mécanismes de signalisation efficace sur les réseaux sociaux.

Vous êtes victime de harcèlement sur internet, que faire ?

Dans un premier temps, il est conseillé d’entrer en contact avec les intermédiaires (le modérateur du blog ou du forum par exemple, ou le responsable du réseau social…) pour leur signaler les messages harcelants.


Si le harcèlement a lieu sur un réseau social, sachez que vous pouvez choisir de bloquer l’auteur du harcèlement afin de ne plus recevoir de messages de sa part.


Si vous envisagez de porter plainte pour faire punir l’auteur du harcèlement sur internet, pensez tout de suite à collecter le maximum de preuves du harcèlement, via des captures d’écran. Vous pouvez faire appel à un huissier pour réaliser les captures d’écran.


Vous devez vous rendre auprès d’un commissariat pour porter plainte. Si vous êtes mineur, vous devez venir accompagné de vos parents ou tuteurs légaux au commissariat ou à la gendarmerie pour le dépôt de plainte.