De la maladie mentale ou de l’autisme

Confondez-vous souvent l’autisme à une maladie mentale ? Cet article est pour vous.

Qu’en est-il ?


En réalité, l’austime est un trouble du neurodéveloppement : c’est-à-dire des altérations du cerveau qui se mettent en place avant la naissance et sont impliqués dans le langage, la motricité, la perception, les émotions, les interactions sociales. C’est pourquoi, depuis 1996, l’autisme est reconnu officiellement comme un handicap. Donc l’autisme n’est pas une maladie mentale.
Les caractéristiques de l’autisme sont très variées d’un individu à un autre. C’est pourquoi on parle de troubles du spectre de autisme (TSA).

Futura-science

Quand parle t-on d’autisme ?

Quand on observe généralement des problèmes dans trois secteurs cruciaux du développement de l’enfant : les interactions sociales, le langage et la communication et le comportement. On peut soupçonner l’autisme mais ça revient aux professionnels de poser le diagnostic.


Au niveau des habiletés sociales:

-Une difficulté à faire des contacts visuels ou à comprendre les expressions faciales.
-Une difficulté à décoder les expressions émotionnelles (savoir si quelqu’un est triste) et une difficulté à interpréter les intentions des autres.
-Une difficulté à exprimer ses émotions, son ressenti (il est parfois difficile pour l’entourage de savoir si l’enfant a mal par exemple).
-Une absence de réponse lorsqu’on l’appelle par son nom.
-Une préférence à jouer seul, à se retirer dans son monde, une incapacité à se faire des amis de son âge.
-Une incapacité à jouer à des jeux symboliques (imaginatifs, à faire semblant).
-Une résistance aux câlins ou à se faire prendre.

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Au niveau du langage et de la communication:
-L’enfant commence à parler plus tard que 2 ans.
-L’apparition d’autres retards de développement vers 30 mois.
-La perte des mots ou des phrases déjà acquis.
-L’enfant ne regarde pas son interlocuteur lorsqu’il s’adresse à quelqu’un. Une incapacité à amorcer ou à soutenir une conversation.
-L’enfant parle avec un rythme ou une tonalité anormale (une voix chantante ou « mécanique »).
-L’enfant peut répéter des mots mais n’en comprend pas le sens.

Au niveau du comportement:
-Une tendance à effectuer des mouvements répétitifs (appelés stéréotypies) comme se bercer, taper des mains ou tourner sur lui-même.
-Une dépendance excessive par rapport à des routines ou à des rituels particuliers.
-Une hypersensibilité ou une hyposensibilité à la lumière, aux sons, au toucher, à certaines textures ou une insensibilité à la douleur. Cette particularité pourrait être expliquée par un trouble du traitement de l’information sensorielle.
-Une fascination pour certaines parties d’un objet, par exemple une roue qui tourne sur un jouet.
-L’enfant bouge continuellement.
-L’enfant ne cherche pas à partager ses intérêts avec les autres.
-Des crises de colères, des gestes agressifs dirigés contre soi (auto-agressivité) et/ou dirigés vers autrui (hétéro-agressivité).
-Certains enfants montrent des signes d’autisme dès le plus jeune âge. -D’autres se développent normalement les premiers mois ou les premières années, puis, soudainement se replient sur eux-mêmes, deviennent agressifs ou perdent le langage qu’ils ont acquis. Bien que chaque enfant ait un comportement unique.

La sévérité des symptômes varie grandement entre les enfants. Un enfant atteint d’autisme sévère démontre une inhabileté totale à communiquer ou à interagir avec les autres.


Les causes de ce trouble neurobiologique restent floues mais leur origine est multifactorielle, avec une forte implication de facteurs génétiques. Etre un garçon et avoir des antécédents familiaux sont deux facteurs de risque reconnus : les troubles envahissant du développement sont en effet quatre fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles.
Toutefois, la grande variété de tableaux autistiques, laisse penser aux chercheurs qu’il ne s’agit pas d’une seule cause mais bien d’une combinaison de plusieurs facteurs qui influenceraient plus ou moins chaque autiste dans l’apparition du trouble.
Il s’agit de causes génétiques (plusieurs gènes ont été identifiés), toxiques (les antibiotiques, l’acide valproïque, des antidépresseurs ISRS et l’alcool pendant la grossesse favoriseraient l’apparition d’un autisme chez l’enfant), infectieuses (rubéole ou rougeole chez la mère pendant la grossesse dans 10 à 30 % des cas), environnementales (hypothèse de l’influence des pesticides et de la pollution pendant la grossesse ou dans la petite enfance), en rapport avec le microbiote intestinal (modifications de la « flore intestinale » chez certains autistes), et psychologiques (antécédents de maltraitances chez la mère).
En revanche, ni le niveau social ou éducatif, ni l’origine ethnique, n’ont une influence sur l’apparition de l’autisme.

Craif

Que peut on faire en cas d’autisme?

Il n’existe pas à ce jour de traitement capable de guérir l’autisme, mais différentes prises en charge sont disponibles pour répondre aux difficultés et aux problèmes de chaque enfant. Plus le diagnostic est précoce (avant l’âge de 3 ans), et plus l’accompagnement sera efficace pour ralentir l’évolution, favoriser les relations sociales et l’autonomie.
Le projet est toujours personnalisé et s’adapte au plus près de la situation familiale et géographique de l’autiste, à ses signes et à ses difficultés. La prise en charge repose en général sur trois grands axes qui s’ajustent en fonction des troubles, et de l’évolution : l’axe éducatif qui a pour but de favoriser l’autonomie, l’axe pédagogique qui valorise les apprentissages et l’axe thérapeutique qui encourage la santé mentale et physique.
Cet accompagnement personnalisé est quotidien et il doit évoluer tout au long de la vie de l’autiste, en fonction de ses progrès et de ses capacités. Même à l’âge adulte, il est encore possible d’améliorer certains signes.
Il n’existe donc pas une seule prise en charge mais des modalités différentes qui s’ajustent en fonction de chacun, des difficultés, de l’évolution, mais aussi en fonction de la famille et du lieu de résidence. Les accompagnements souples et ouverts, combinant plusieurs modalités de prise en charge sont à privilégier.

Les autistes ont une santé fragile qu’il est important de surveiller régulièrement. Du fait des troubles du comportement, des gestes stéréotypés ou des automutilations, ils sont sujets à divers traumatismes physiques comme des plaies ou des fractures. Un soin particulier est aussi à accorder à l’hygiène dentaire.

Au Bénin le programme EducPsy met à votre disposition des professionnels (psychologues, éducateur.trices spécialisé.es, orthophonistes, assistant.es sociaux) pour un accompagnement personnalisé des enfants souffrant des Troubles du Spectre Autistique (TSA).

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Bibliographie
"Qu’est-ce que l’autisme ? | Craif - Centre de Ressources Autisme Ile-de-France" https://www.craif.org/quest-ce-que-lautisme-44

"Les causes et mécanismes biologiques de L’autisme - Institut du Cerveau" https://institutducerveau-icm.org/fr/autisme/causes-mecanismes-biologiques/

"Les causes de l'autisme et des autres TED - VIDAL" https://www.vidal.fr/maladies/chez-les-enfants/autisme-troubles-envahissants-developpement/causes.html